Le ministre Eric Besson justifie l’expulsion de réfugiés afghans par charter pour "donner une signal à des passeurs" : ce sont des personnes, pas des courriers ! Si "la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, elle doit en prendre sa part", comme disait Michel Rocard, d’autant plus qu’il s’agit d’un pays en guerre, à laquelle nos soldats participent et, malheureusement, jusqu’à en mourir.
Depuis septembre 2001, nous avons beaucoup légiféré pour lutter contre le terrorisme. Nous sommes engagés en Afghanistan sans régler par ailleurs cette question prégnante. A quoi cela peut conduire la France de sacrifier à une politique de communication, à la volonté d’aller faire de l’œil un électorat de droite dure ? Rappelons-nous que la haine nait des humiliations que subissent les peuples et les personnes.
A lire également : le communiqué des députés du groupe Socialiste, Radical et Citoyen :
Les députés du groupe SRC expriment leur indignation après le renvoi forcé dans leur pays de trois Afghans, en catimini cette nuit, par un vol groupé avec le Royaume-Uni.
Ce fait sans précédent est inacceptable. D’abord parce qu’il bafoue la Convention de Genève de 1951, ensuite parce qu’il ne tient aucun compte des avis du Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU et de la Cour européenne des droits de l’homme qui ont demandé à la France de renoncer à ces vols. Enfin et surtout parce que la France, en guerre en Afghanistan, ne peut ignorer les dangers de mort auxquels elle expose ces personnes. Le droit d’asile, le statut de réfugié, la protection subsidiaire, n’ont désormais plus aucun sens ni réalité pour Eric Besson.
Les députés SRC condamnent l’insoutenable désinvolture du ministre et s’associent aux milliers de citoyens et aux dizaines d’associations qui se mobilisent contre ces retours. Ils appellent l’ensemble des groupes politiques de l’Assemblée Nationale à prendre position pour le respect des engagements internationaux de la France, aujourd’hui bafoués par le ministre de l’Immigration.