Interview parue le 15 octobre dans Le Progrès.fr
Dans moins d’une semaine, Brice Hortefeux va présenter le texte sur la réforme des collectivités territoriales. Marylise Lebranchu, que pensez-vous de ce grand chantier initié par Nicolas Sarkozy ?
C’est une reprise en main du gouvernement, une revanche chuchotée par le Président de la République après la cuisante défaite de l’UMP aux dernières élections régionales de 2004. Alors comme pour chaque réforme, il a procédé de la même manière. D’abord une commission, puis la culpabilisation des élus qui coûtent trop cher, et enfin l’asphyxie des collectivités territoriales.
Ce soir (NDLR : hier) vous participez à une conférence-débat à l’université de Saint-Etienne sur cette réforme. Vous semblez plus que jamais mobilisée contre cette réforme.
J’ai eu pas mal de combat dans ma vie, mais celui-ci, je ne le lâcherai pas. Cette réforme est une régression totale. Elle est dramatique pour les élus et les concitoyens. L’organisation des pouvoirs locaux, issus de la décentralisation, offre un maillage du territoire apte à offrir des services à la population. Et on va casser ça.
Vous qui avez été ministre des PME-PMI et de la justice du gouvernement Jospin, maire de Morlaix, êtes vice-présidente à la Région de Bretagne et députée du Finistère, vous connaissez presque tous les échelons du « mille-feuilles administratif », vous n’estimez pas qu’une réforme est nécessaire ?
S’il y a une réforme à faire, c’est au niveau de l’Etat. Il faut, aussi, offrir un statut aux élus, car beaucoup sont presque bénévoles, et travailler sur une meilleure justice fiscale avec une péréquation financière entre les territoires.
Propos recueillis par Propos recueillis par Véronique Miot.