Marylise Lebranchu est intervenue à l’Assemblée lors du débat portant sur le projet de la loi de financement de la sécurité sociale. Elle s’adresse ici à Eric Woerth, ministre du Budget.
Vous avez l’obsession de la baisse des prélèvements obligatoires ; pourtant payer des cotisations à une mutuelle ou à un système de santé assurantiel représente aussi une baisse de pouvoir d’achat pour les Français. L’économie c’est l’investissement des entreprises, mais c’est également la dépense des consommateurs. Finalement vous opérez simplement un transfert : il s’agit d’un choix politique, à vous de l’assumer.
Vous leviez aussi un doigt accusateur vers la gauche, mais je vous invite à relire pendant vos vacances, si vous en prenez, les débats de la fin de mandature de Lionel Jospin. Vous constaterez qu’une pression violente s’exerçait alors sur nous. J’ai même conservé la photographie de parlementaires RPR brandissant des banderoles demandant que nous arrêtions « de mettre à bas l’hôpital et de fermer des services »...
À l’époque, j’ai aussi reçu des délégations s’opposant à ces fermetures décidées pour des raisons de sécurité. Je me souviens de la pression relative à l’augmentation des salaires des professionnels de santé, à la rémunération des médecins, à celle des spécialistes. Soit ceux qui parlaient ainsi étaient totalement déconnectés de la réalité, soit, et je penche plutôt pour cette solution, nous ne sommes pas tous de bonne foi en ce moment... Nous étions à l’équilibre, et l’on nous opposait alors cet argument pour nous demander de mieux rémunérer certains professionnels.
Pour retrouver l’intervention dans son contexte : Assemblée Nationale.